Des dessins pour nulle part

A chaque fois que je commence à écrire un nouveau texte d’album, c’est avec l’idée de l’illustrer moi-même. Ma dernière idée est même née à partir d’un griffonnage.
Toujours pleine d’enthousiasme, je fais quelques croquis, je choisis la technique, et en parallèle, je me mets à écrire. Et finalement, lorsque le texte est terminé, je réalise que si je décide de l’illustrer, j’en aurai pour au moins six mois (étant donné mon grand manque de technique) -et encore : uniquement si un éditeur accepte mes dessins maladroits et pas très professionnels, ce qui n’est pas gagné. Et quand un texte est terminé, ce dont j’ai, au fond, vraiment envie, c’est que quelqu’un me dise : “on le publie là, tout de suite” et pas “reviens avec de meilleurs dessins dans un an ou deux et on en reparlera”.
Alors je me résigne : je commence à rêver aux dessinateurs avec qui j’aimerais travailler (et ça aussi c’est chouette), et je compte les jours en attendant les réponses d’éditeurs.

Un jour, peut-être, je réunirai toutes mes tentatives d’illustrer mes histoires. En attendant, quelques uns des essais faits pour mon dernier texte (oui, ils ont des problèmes de pattes avant).

Peter Pan

Depuis deux semaines, je suis le cycle de conférences que Philippe Forest donne sur la littérature jeunesse à l’université permanente de Nantes, et c’est tout à fait passionnant. Il a choisi de parler d’Alice au pays des merveilles, du Petit Prince et de Peter Pan, ce dernier étant le seul des trois que je n’avais jamais lu. Je n’avais que quelques souvenirs du dessin animé Disney, sans même savoir que l’histoire était tirée d’un livre (de J.M. Barrie). Et quel livre !

Du coup, j’ai commencé à le lire et je découvre avec bonheur un livre drôle, intelligent, subtil. Je n’en ai encore lu que quelques pages, et j’y souligne déjà des phrases à toutes les pages.

“Quand vous vous réveillez le matin, le mal et les passions mauvaises avec lesquels vous vous êtes mis au lit ont été pliés avec soin et relégués au fond de votre esprit ; et par-dessus, bien aérées, sont étalées vos plus jolies pensées, prêtes à vous vêtir.”

“C’est la coutume, le soir, chez toutes les bonnes mères, une fois leurs petits endormis, d’aller fureter dans leurs esprits et d’y faire du rangement pour le lendemain matin, remettant à leurs places respectives les innombrables choses et notions qui se sont égaillées, égarées durant la journée.”

Un vendredi endimanché

C’est un vendredi férie qui ressemble à un dimanche mélancolique. Il en a la même odeur et la même lumière. J’ai toujours détesté les jours fériés. Je suis sûre qu’ils ont été inventés pour que les salariés aient envie de retourner au travail.

C’est une journée à regarder des séries sous la couette, à écrire sous la couette, à lire sous la couette, à rester sous la couette et à regarder la pluie tomber en buvant du pu-ehr et du chocolat chaud ovomaltine.

Quelques lectures en ce moment : Reflets dans un oeil d’homme de Nancy Huston (qui contient autant d’idées intéressantes que de théories avec lesquelles je ne suis absolument pas d’accord), Face aux ténèbres de William Styron, Hérétiques de G. K. Chesterton, le dernier numéro de la revue Décapage, et le très beau You Are Here : Personal Geographies and Other Maps of the Imagination de Katharine Harmon.

Sortie

Jour de fête pour Apprendre à ronronner qui fait ses premiers pas en librairie aujourd’hui ! Le livre fait partie de la collection Mouche de l’Ecole des Loisirs, et les chouettes dessins sont de José Parrondo.

Apprendre à ronronner

Apprendre à ronronner

Mes exemplaires d’Apprendre à ronronner sont arrivés il y a deux jours par la poste et c’est une grande joie de tenir enfin ce livre dans les mains, un bel accouchement. Les chouettes illustrations sont de José Parrondo. La sortie est prévue pour le 10 octobre à l’École des Loisirs, et impatiente est un bien faible mot pour traduire l’état dans lequel je vais passer ce prochain mois !

Apprendre à ronronner

 

La rentrée

J’ai toujours aimé la rentrée. Pas parce que l’on retournait à l’école, mais pour le renouveau qu’elle engendrait. J’aimais porter de nouveaux vêtements le jour de la rentrée, j’adorais acheter des fournitures scolaires, les déballer, les ranger soigneusement ; l’odeur des cahiers neufs, les stylos pas mâchouillés, les crayons parfaitement taillés, les gommes immaculées. Derrière chaque rentrée, il y a l’espoir d’un changement, d’un mieux. J’aime les résolutions aussi – peu importe qu’on les tienne ou non, tant qu’elles nous donnent de l’espoir.

Maintenant, il n’y a plus de fournitures scolaires, plus de vêtements de rentrée, plus de grandes vacances non plus, mais le plaisir est resté. À chaque fin d’été, il est temps de décidé quel sport je vais essayer, quelle activité je vais commencer. La plupart du temps, j’abandonne en cours d’année, je suis déçue ou je m’en désintéresse, parfois même je ne vais pas au bout de l’inscription, mais c’est le spectre des apprentissages possibles qui m’enthousiasme. Je parcours les sites des associations, des clubs, des cours, rêve à tous les savoirs et toutes les compétences que je pourrais acquérir. Cette année : claquettes et chant, donc.

Et puis, il faut bien faire quelque chose de toute cette attente (J-40 avant la sortie de Apprendre à ronronner).