Deux éditeurs épuisés mais heureux

En 2015, Martin et moi avons décidé de créer notre maison de micro-édition, Monstrograph, pour y publier de drôles de petits livres illustrés qu’on faisait à la main, rapidement, très librement. Et puis petit à petit, on a eu envie d’ajouter à notre catalogue d’autres sortes de livres. On a créé la collection Bootleg dans laquelle nous avons publié deux essais : De la pluie et Éloge des fins heureuses. Et puis il y avait cette idée qui nous trottait dans la tête depuis longtemps : interroger d’autres artistes sur la création, l’écriture, leurs conditions de vie et de travail. Parce que c’est chaleureux et que ça donne de l’énergie d’entendre ou de lire les autres parler de leur création.

On s’est lancé dans ce projet il y a un an et demi et, au fil du temps, il a pris de plus en plus d’ampleur. Résultat : aujourd’hui ce sont 31 artistes de disciplines très diverses, des amis et des connaissances dont on aime le travail et la réflexion, qui répondent à notre questionnaire et racontent comme ils vivent, travaillent, créent, pensent, inventent. Le livre s’appelle Les artistes ont-ils vraiment besoin de manger ?  et il sera publié dans une nouvelle collection, créée pour l’occasion (et dans laquelle nous comptons publier d’autres livres) : Minute Papillon. Il vient de partir chez l’imprimeur après un long et laborieux travail d’édition, de mise en page et de multiples relectures. Mais on est heureux : dans quelques semaines (début octobre), ce petit trésor sera là, et on peut vous dire qu’il sera passionnant (on peut d’autant plus le dire que ce n’est pas nous qui l’avons écrit !).

Mais après l’avoir envoyé à l’imprimeur, un dimanche soir à minuit, on était un peu fatigués tout de même.

En attendant la sortie (début octobre), le livre est déjà en précommande sur notre tout nouveau site ! Il ne sera a priori en vente que sur notre site mais si des libraires souhaitent en proposer quelques exemplaires dans leur librairie ou organiser une présentation avec certains des auteurs du livre, n’hésitez pas à nous contacter !

 

2018 à nous deux

Une nouvelle année commence, et elle amène avec elle le temps de repartir sur les routes. Il y aura moins de trajets cette année, quelques rencontres mais moins de salons puisque je n’ai pas sorti de livre en 2017, et plus de choses autour de chez moi, ce qui me laissera plus de temps pour écrire. Cette année à nouveau, plusieurs projets enthousiasmants d’ateliers d’écriture au long cours se préparent :

  • Un cycle d’ateliers autour de l’autoportrait avec des classes de CM2 des Ponts-de-Cé, en partenariat avec la médiathèque des Ponts-de-Cé. Ça donnera lieu à une belle exposition texte et photo au printemps.
  • Une série d’ateliers sur le thème de la ville avec des élèves de primaires d’Annecy.
  • Des rencontres et de petits ateliers d’écriture à Angers.
  • Une résidence d’ateliers d’écriture à l’école Bergson de Nantes, organisée par Stereolux et en duo avec la plasticienne Marie-Pierre Groud. Il va y avoir de belles choses et des idées ambitieuses : de la vidéo, de l’animation, des histoires sonores, des chansons, des romans-photos, et bien sûr des tas d’histoires qui rempliront les appartements et les étages d’un immeuble qu’on aura imaginé.

Il y aura aussi au moins deux sorties de livres :

  • Le jour où les ogres ont cessé de manger des enfants, un album créé avec Loïc Froissart, en février au Rouergue
  • La révolte des animaux moches, un roman jeunesse illustré par Anne-Lise Combeaud, qui sortira en avril au Rouergue également

Et puis plein de projets : deux livres pour ados à terminer, un livre collectif qui sera publié chez Monstrograph, un petit essai, un essai/récit pour adulte (avec Martin Page) et un court roman jeunesse en recherche d’éditeur, peut-être un livre musical,… Et beaucoup de projets en cours et d’envies d’écriture.

Et ce mois-ci, deux lectures musicales :

  • La folle rencontre de Flora et Max, lecture musicale en duo avec Martin Page, samedi 13 janvier (oui oui samedi prochain) à la formidable médiathèque La Bulle à Mazé
  • L’oiseau silence, lecture dessinée et bruitée en duo avec Loïc Froissart, samedi 27 janvier à Stereolux à Nantes

Ce matin j’écoute Karen Dalton (après avoir achevé sa très belle biographie dessinée par Cédric Rassat et Ana Rousse parue chez Sarbacane), c’est doux comme un bain chaud, le soleil brille pour la première fois depuis 2018 (ce qui est somme toute un sacré événement), et je m’attelle aux dernières corrections du roman à paraître en avril.

 

Résolutions

J’aime bien les bonnes résolutions. Ce n’est pas très cool, je sais (et c’est peut-être justement pour ça que j’ai envie de les défendre). J’aime les bonnes résolutions parce qu’elles donnent de l’énergie et du courage, elles ouvrent l’horizon et font naître des envies, peu importe qu’on les tienne deux heures ou une année. C’est important les envies, c’est précieux. Je les chéris comme de petits insectes sacrés, peu importe qu’elles muent, qu’elles changent de carapace aussi vite que mon humeur, tant qu’elles sont là et qu’elles m’entourent, je prends soin d’elles.

Cette année, j’ai donc envie de faire plus de sport (3 runnings en une semaine jusqu’à présent), d’écrire plus et mieux, de perdre moins de temps sur les réseaux sociaux (je n’ose pas imaginer combien de personnes mettent ça dans leurs résolutions), d’enfin enregistrer ces chansons (pour adultes et pour enfants) qui traînent dans mes poches et dans ma tête depuis des années, de lire plus et davantage de “classiques”, d’écrire davantage sur le blog, et de consacrer les siestes de C. du week-end (quand il veut bien dormir) à des activités manuelles. Voilà donc mes premières tentatives de gravure sur gomme pour réaliser des tampons de légumes.

gravures

pâtisson, potimarron et brocoli (je précise car ça ne saute pas aux yeux)

Contrat d’édition

 Signer un contrat d’édition est un moment bizarre. On est heureux, c’est la concrétisation d’un projet, l’assurance que le livre va exister, une nouvelle aventure qui commence. C’est excitant, joyeux, on a envie de sautiller dans tous les sens. Mais c’est aussi vertigineux, quand on pense que ce papier nous engage jusqu’à 70 ans après notre mort. Soixante-dix ans ! On fait rarement des choses qui ont des conséquences sur un temps aussi long, et avec autant d’incertitude. Et puis il y a aussi un peu de frustration, à cause de toutes ces petites clauses qu’on n’a pas réussi à négocier et qui nous embêtent, mais dont on s’accommode pour différentes raisons – par exemple parce qu’on aime travailler avec son éditrice et qu’on a confiance en son regard.

Malgré tout, concentrons-nous sur la joie : mon nouveau roman jeunesse, La révolte des animaux moches, sortira en avril au Rouergue Jeunesse. Et, manifestement, les personnages ont décidé de signer eux-mêmes le contrat.
Je reparlerai bientôt ce projet que je transporte dans mes bagages depuis longtemps et qui me tient beaucoup à coeur.

contrat

La petite vie magique des livres

J’ai acheté d’occasion un exemplaire de La barbe à papa de Joe David Brown, traduction française parue en 1973 de Addie Pray, le livre duquel à été tiré le formidable et merveilleux film Paper Moon de Peter Bogdanovitch.

J’ai reçu un service de presse jamais ouvert de 1973 (le livre n’a manifestement pas été réédité ensuite), et d’une certaine manière, ça me donne l’impression que c’est à moi qu’il a été envoyé par l’attachée de presse. Alors chère Raymond Leroux, sachez que le livre aura mis 44 ans à trouver un lecteur, mais il l’aura trouvé.

2017-08-28 15.17.44

Dialogues

Quand j’ai commencé à écrire, adolescente, je détestais les dialogues, je ne savais pas écrire des dialogues, j’étais vraiment nulle en dialogues, je n’étais à vrai dire pas très loin du “- Bonjour ! – Bonjour ! – Ça va ? – Ça va et toi ?” de certains collégiens que je fais écrire maintenant, alors je n’écrivais presque pas de dialogues. Le minimum nécessaire. Jusqu’à il y a peu, j’ai même orienté toute mon écriture en fonction de ça, je racontais des histoires très introspectives où il ne se passait rien et je mettais en scène des personnages très seuls. Mon complexe a duré longtemps : mes trois premiers livres mettent encore en scène des personnages solitaires, qui n’ont pas ou peu d’amis.

Et puis j’ai découvert le scénariste Aaron Sorkin, j’ai regardé ses films et ses séries. Je les ai même regardées plusieurs fois, je les ai écoutées, décortiquées, j’ai lu des interviews (en ce moment, je regarde sa masterclass) et j’ai soudain compris plein de choses sur les dialogues. J’ai appris à écrire des dialogues comme de la musique, j’ai appris à mélanger plusieurs conversations en une, à ne pas toujours répondre aux questions que posent les personnages (ou alors à côté, ou plus tard), et à chercher à me surprendre moi-même.

Maintenant, j’écris des livres truffés de dialogues et je me régale à le faire. Je viens de terminer un roman pour enfants avec un groupe de quatre personnages – chose que je n’aurais jamais imaginée faire il y a à peine quelques années – , et je commence un texte pour adolescents qui met en scène un binôme.

C’est étonnant comment nos incapacités dictent ce que nous écrivons, ce que nous faisons. J’écrivais peu de dialogues parce que je ne sais pas parler, je mettais en scène des personnages solitaires car je suis solitaire et peu douée pour les relations sociales, Je croyais qu’on ne pouvait écrire que ce qu’on savait être, mais j’ai compris que ne pas savoir parler ne faisait pas forcément de nous de mauvais dialoguistes. Surtout, j’ai compris que l’écriture, ce n’était pas tenter de se mettre à la hauteur de la médiocrité de la vie réelle (et de nos discussions de la vie réelle), mais c’était la transcender, donner à la vie réelle des objectifs et de l’ambition.

Actualité en transit

Ce matin dans le hall de la gare, un adolescent pianote un morceau qui donne des airs de fin de film aigre-douce à la gare. La première des huit semaines que je vais essentiellement passer à faire des rencontres, animer des ateliers d’écriture et prendre des trains se termine tout juste. C’est épuisant mais aussi passionnant.

Quand je fais des rencontres, si je ne suis pas à l’aise pour aborder les sujets d’actualité frontalement avec les enfants, j’essaie de glisser des messages politiques, des encouragements. Je ne veux pas être une VRP de la littérature jeunesse. Je ne veux pas être la vitrine des livres, l’auteure jeunesse vivante émissaire de l’éducation nationale qui vient faire la promotion de la lecture institutionnelle. Alors je raconte des anecdotes, je parle des livres écrits mais refusés, je leur demande leur avis, je parle argent, je parle du monde littéraire, je réponds à des questions qu’il n’ont pas posées, je parle de livres qui disent des choses importantes, je les encourage à poser les questions que certains profs jugent incorrectes. Je veux qu’il y ait un partage. J’aime qu’ils me contredisent, qu’ils soient spontanés, qu’ils posent des questions très précises ou très techniques. Je vois qu’ils réfléchissent beaucoup. Il y en a qui écrivent aussi. Ils ont aussi souvent de très bons profs, curieux, dynamiques, présents et concernés, et qui leur font parfois faire des trucs épatants. J’espère que ces enfants et ces adolescents sortent parfois de nos rencontres avec de l’énergie et l’envie de changer le monde comme ils me donnent de l’énergie et l’envie de changer le monde.

En ce moment je passe à la maison en coup de vent, et je suis l’actualité en transit, en regardant chaque jour les mêmes unes de magazines dans les kiosques des gares en attendant mon train, n’ouvrant que ceux qui ne parlent pas des élections (elles sont déjà bien assez présentes dans mon esprit). Je me sens ailleurs, pas très ancrée dans le monde, mais pourtant le corps et l’esprit habités par une petite angoisse sourde qui ne me quitte pas depuis deux semaines.

Je pense à dimanche. Je comprends ceux qui vont voter et ceux qui ne le feront pas. J’irai voter, le coeur lourd. Pas envie de donner de la légitimé à quelqu’un qui a pour ambition de saccager la protection sociale française. Mais depuis des jours, je lis en silence – je ne commente presque jamais, les mots me manquent et il y a déjà bien assez de monde qui dit bien assez de choses – sur Facebook, sur des blogs, des textes écrits par des membres de la communauté LGBT, des étrangers, des musulmans, des noirs, par ceux dont la liberté est beaucoup plus directement menacée que la mienne (je suis privilégiée : la seule « minorité » dont je fasse partie c’est les femmes). Alors je voterai, un peu pour moi, beaucoup pour eux.

C’est tentant de se dire que si le Front National était au pouvoir, au moins il y aurait enfin de la révolte, une vraie révolution, un soulèvement populaire sans précédent. On se battrait, on renverserait le gouvernement. Mais peut-être aussi que ça n’arriverait pas. Peut-être qu’on se laisserait faire doucement, qu’on continuerait simplement à glisser. Après tout, on continue à élire les dominants, à admirer les muscles et le charisme, les diplômes et la puissance, le virilisme, à rester piégés dans ce à quoi on nous a éduqués. Alors je ne peux pas prendre ce risque.

Je culpabilise souvent de ne pas être plus active pour les autres, de ne pas réussir à trouver le temps, ou les mots. Alors peut-être est-ce pour compenser, pour agir malgré tout que je me mets à écrire des livres de plus en plus politique. Il y a de la révolte, des manifestations, de la lutte des classes, du féminisme et de l’antispécisme, dans tous les textes que je suis en train d’écrire. Je ne suis pas très douée pour l’action alors je fais ce que je peux avec mes toutes petites armes d’écrivaine.

2017-05-02 16.45.24

 

Sédiments

À l’invitation de François Bon, une tentative d’esquisser (de mémoire car nous sommes à 700 km de la maison pour encore deux semaines) un écosystème d’écriture personnel.

En dur : une étage de la bibliothèque Billy de mon atelier est rempli de carnets, du cahier à petits carreaux et à spirales d’adolescence aux carnets reliés, Moleskine et Leuchtturm. À vue de nez une trentaine de carnets qui contiennent textes et dessins, gribouillis et chansons, titres de livres et listes de prénoms de personnages, remplis durant les quinze dernières années. Diverses taille (du tout petit de poche au A4), divers grammages et lignages (alvéoles de ruches par exemple), achetés au fil des besoins ou des hasards, des voyages et des envies, des pages déchirées et des cafés renversés. Pas de fétichisme. Comme les livres, ils vivent. Jamais deux identiques parce que je suis toujours à la recherche du carnet parfait – et éternelle insatisfaite. Deux disques durs de sauvegarde de 500 Go où je trimbale mes photos, mes textes, mes chansons d’ado, depuis le PC familial sous Windows 3.1 jusqu’à aujourd’hui, un disque dur SSD 250 Go avec les sauvegardes plus récentes, un disque dur qui contient une sauvegarde intégrale du disque dur de mon premier macbook après qu’il ait rendu l’âme. Un autre encore accroché à la tour de mon dernier PC (avant le Macbook) que je dois récupérer depuis des années pour pouvoir enfin me débarrasser de la tour. Et encore plus ancestral : une pile de DVD-R pleins de films, séries, musique, photos, vidéos, souvenirs.

En numérique : Une dizaine de blogs inactifs mais pas archivés tenus en alternance ou en simultané de 2003 à 2013 (peu de périodes sans blog depuis l’âge de 15 ans), et puis désormais ici. La plupart sont encore en ligne, jusqu’au jour où ils disparaîtront dans les limbes d’Internet. En attendant, je ne connais plus les mots de passe, j’ai juste leurs noms ou leurs adresse vaguement en tête, seule à m’en souvenir encore. Ils sont des souvenirs de moi éclatés sur la toile, ils sont de l’ultra-intimité qui ne m’appartient plus vraiment. Un site web aussi, tenu de 2002 à 2007, hébergé gratuitement chez free et donc toujours en ligne mais dont les liens  sont majoritairement morts. Y restent des photos et quelques textes. Les musiques ont disparu. Emails archivés depuis 2010 (mais pas triés), perdu ceux d’avant au cours d’un changement d’ordinateur, perdues les correspondances amicales (excepté quelques mails d’adolescence, archivés à l’époque où j’avais le temps, à l’époque où l’écosystème n’était que naissant, à l’époque où, petite fourmi bien affairée, l’intégralité de la biodiversité disponible était utilisée à le composer), perdues les centaines d’e-mails échangés avec mon cher et tendre pendant les cinq premières années de notre correspondance, avant le passage à la vraie vie. Sur l’ordinateur, un dossier “Musique” avec les films et les enregistrements rapides (issus du dictaphone de l’ipad) de chansons et de musiques en cours de composition, pour ne pas oublier mes trouvailles car je n’écris pas les mélodies ni toutes les rythmiques (flemme et habitude de travailler en solo). Et un dossier “Écriture”, avec tous les textes en cours et achevés, les notes, les idées bonnes et mauvaises, les esquisses, les débuts, les réflexions, mon plus précieux désordre sans doute. Ces deux dossiers sont sauvegardés sur mon Macbook, sur l’ordinateur du salon, et en ligne sur Dropbox, plus de temps en temps sur le disque dur externe. Enfin : deux ans de notes à la fois très bordéliques et très organisées stockées dans Notes (pas trouvé mieux jusqu’à présent), synchronisées sur l’ipad et de temps en temps sauvegardées dans Dropbox.

Un écosystème plutôt jeune au fond, qui commence avec les années 2000. Mais déjà cette question qui me hante : que va devenir la mémoire avec le numérique ? Des années que j’envisage de trier, ranger, ordonner, archiver, sauvegarder les milliers de photos, les centaines de vidéos, de notes de blog, de textes, de musiques, d’e-mails. Mais je ne le fais pas, toujours prise par l’urgence à agir et à faire l’urgence d’être maintenant plutôt que de me retourner sur le passé pour l’organiser (et puis chaque tentative se solde par une plongée mélancolique dans de vieux souvenirs fragmentaires et microscopiques, et l’oubli de mon objectif de départ), continuant à entasser de nouvelles couches sédimentaires de souvenirs sur le passé, le rendant toujours moins accessible et plus désincarné. À quoi sert tout cet archivage puisque tout finira un jour obsolète, cassé, inaccessible ? Ce qui compte, au fond, ce sont les souvenirs qui nous ont façonnés, pas ceux que l’on a collectés. Sans doute est-ce une manière de se rassurer, d’invoquer un soi passé comme on érigerait un autel à soi-même pour ne pas s’oublier, de reconstruire sa biodiversité intime pour avoir un écosystème dans lequel continuer à grandir, empêcher la dissolution de nos identités dans la toile, et accumuler du matériel et du comptable comme un front face à l’infinitude du numérique. Univers, Internet : même combat.