festival Tandem – Nevers

Je suis ce week-end au festival Tandem à Nevers, un festival littéraire à la très belle programmation, qui propose des lectures en duo ou en trio, musicales, dessinées, performées… et qui s’ouvre désormais à la littérature jeunesse. Voilà mon programme (mais celui des autres vaut le détour) :

Samedi à 18 mars à 11h : Lecture musicale avec Martin Page autour de notre livre La folle rencontre de Flora et Max. C’est une lecture très épurée, où nous lisons des extraits du livre en nous accompagnant à tour de rôle au ukulélé.

Samedi 18 mars à 15 h : Lecture dessinée et musicale en duo avec Loïc Froissart. C’est une lecture encore inédite, que nous avons créée  l’occasion du festival. Elle s’appelle L’oiseau silence et il y est manifestement question d’oiseaux et de silence (mais aussi de langage). Côté musique, je tente quelques bruitages à base d’appeaux et de theremin (notamment).

Dimanche 19 mars à 16h30, je lirai quelques textes durant la sieste acoustique pour enfants de Bastien Lallemant.

Le livre-montagne

La première version du roman est terminée depuis plus d’un mois. Je l’ai relu et corrigé, je l’ai fait relire à mon cher et tendre premier lecteur. Le livre a trouvé son centre de gravité, il tient à peu près debout même si ses vêtements ne sont pas encore vraiment ajustés. Mais Il est là, bien au chaud dans mon ordinateur, avec son histoire, sa langue, ses personnages que je chéris, son titre, son point final, son exergue, et ses 240 000 signes. C’est le plus long texte que j’ai jamais écrit – je ne suis pas une marathonienne, j’aime les livres courts et incisifs, les livres dont la densité est inversement proportionnelle à leur épaisseur, les livres qui n’exigent pas que je leur consacre des dizaines d’heures mais qui m’habitent pourtant longtemps après les avoir quittés, ce sont les livres que j’aime lire et ceux que j’essaie d’écrire – ce qui le rend d’autant plus impressionnant, avec sa longue et vaste liste de ce que je dois changer / améliorer / ajouter / réorganiser.

Alors depuis tout ce temps, il décante, il hiberne. Parce que comme à chaque fois, l’idée même de l’ouvrir à nouveau me fait l’effet décourageant d’une montagne à gravir, si abrupte et si haute qu’on n’en voit pas le sommet. Je sais pourtant que c’est seulement un reflet, je sais qu’en réalité il ne s’agit pas de grimper mais de plonger : une fois qu’on a sauté, il n’y a plus qu’à se laisser porter par le courant de l’eau et le livre se transforme presque tout seul. Mais j’ai beau le savoir, la peur est quand même là.

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Livre de soutien à la librairie La vie devant soi

Charlotte Desmousseaux, libraire formidable, a ouvert il y a un peu plus d’un an une librairie non moins formidable à Nantes : La vie devant soi. Pour remercier les contributeurs Ulule qui ont participé au financement de la librairie, elle a édité un livre dans lequel une cinquantaine d’auteurs proposent chacun un texte ou un dessin évoquant leur rapport aux librairies.

J’ai décidé d’y raconter la longue histoire de ma rencontre avec Martin qui a débuté au milieu d’une librairie, dans un texte intitulé La sérendipité d’une histoire d’amour.

Le livre est édité par la maison Joca Seria, disponible à la vente directement à La vie devant soi ou en commande dans toutes les autres librairies. On y retrouve notamment Martin Page, Éric Pessan, Charlotte des Ligneris, Quentin Faucompré, Anthony Poiraudeau, Guénaël Boutouillet, Julia Kerninon, Delphine Bretesché, Claude Ponti et plein d’autres.

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Ateliers d’écriture d’histoires sonores

Durant l’année scolaire 2016/2017, grâce à l’association rennaise Electroni[k] (et en partenariat avec Stereolux à Nantes) je suis en résidence d’ateliers d’écriture pour créer des histoires sonores et interactives avec trois classes de primaire à Rennes et à Nantes. Ensemble, nous sommes en train d’écrire 54 histoires partageant toutes une même structure : un personnage principal, un lieu et un personnage secondaire. Dans les mois à venir, nous enregistrerons les enfants lisant les histoires puis nous les bruiterons avec des percussions, de petits instruments de musique et des objets du quotidien. Les enfants réaliserons les bruitages et le montage audio eux-mêmes. Ces histoires seront ensuite (d’ici la fin de l’année scolaire) mises en ligne sur un site qui permettra de les écouter de manière interactive, sur le principe des conteurs Lunii.

C’est la première fois que je mène un projet avec les mêmes enfants sur une année entière, et c’est passionnant de les retrouver régulièrement, de voir les textes prendre forme, d’observer leur concentration, les discussions et les négociation au sein des groupes, et de voir combien ils sont heureux de me montrer ce qu’ils ont fait en mon absence. Et puis pour moi, c’est aussi une parfaite occasion de travailler sur un projet mêlant littérature, musique et numérique.

Un article présentant la résidence est visible ici. Quelques images également (crédits photos : Gwendal Le Flem) :

© Gwendal Le Flem

© Gwendal Le Flem© Gwendal Le Flem

© Gwendal Le Flem

Salon du livre du Touquet

Début décembre, j’ai participé au salon du livre du Touquet, où La folle rencontre de Flora et Max (co-écrit avec Martin Page), a reçu le prix collégiens. Ce salon a été l’occasion d’un bel échange avec les classes de 4e ayant participé au prix.

Merci à eux et à toute l’équipe du salon !

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Lectures musicales et dessinées

Ce week-end, je serai au festival Escales Hivernales à Lille, en compagnie de Martin Page et de Charlotte des Ligneris pour des lectures musicales et dessinées, ainsi qu’un atelier d’écriture.

Le programme :

  • 15h, Le voyage du petit nuage, lecture musicale dessinée pour enfants, en duo avec l’illustratrice Charlotte des Ligneris. La lecture sera suivie d’un atelier d’écriture et d’illustration mené par Charlotte et moi.
  • 16h30, La folle rencontre de Flora et Max, lecture musicale à deux voix avec Martin Page, autour de notre livre éponyme.

La lecture de La folle rencontre de Flora et Max est inédite. Celle du Voyage du petit nuage a déjà été présentée à deux reprises, mais la grande nouveauté, c’est l’ambiance musicale qui va l’accompagner, créée à l’aide de quelques instruments et d’une boîte à musique.

Cette boîte à musique est un petit cadeau que je me suis fait il y a un an avec l’idée de l’utiliser pour des lectures. Alors je suis toute excitée de ce baptême ! Elle fonctionne comme un orgue de Barbarie : on y fait passer une carte à trous qui actionne les lames selon la mélodie qu’on a composée. J’ai donc composé un thème qui a ensuite été perçé sur une carte par Le Turlutain. Martin m’a filmée il y a quelques jours lors d’une répétition.

 

La vie intérieure des bibliothèques

J’achète pas mal de livres. Parce que j’en entends parler, parce que je lis quelque chose à propos d’un livre, parce que je m’intéresse à un sujet, une thématique, parce qu’ils résonnent soudain à mon oreille, parce que je les croise sur un étal de librairie. Je ne suis pas vraiment les rentrées littéraires, je lis rarement les livres au moment de leur sortie, je cherche plutôt les petits ouvrages étranges que les classiques et les grandes références. Je commence beaucoup de livres et j’en finis peu, je me lasse vite. Je ne suis pas une lectrice très fidèle.

J’achète aussi souvent des livres que j’oublie ensuite. Je les égare sur une étagère, je ne trouve pas le temps de les lire, ou je perds l’intérêt qui m’avait fait les acheter, happée par un autre livre. Et puis, j’y reviens un jour. Parfois très longtemps après. C’est un peu ce qui est arrivé à ces deux livres.

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J’ai acheté le premier il y a une dizaine d’années, après avoir lu un autre essai de David Le Breton, La peau et la trace, que j’avais trouvé passionnant. Du silence m’interpellait beaucoup pour son titre, son sujet, évidemment. Je ne sais pas pourquoi, mais je l’ai rangé directement dans la bibliothèque sans l’ouvrir. Il m’a suivi patiemment dans mes déménagements, je l’observais de temps en temps, lui, sa large tranche bleu vif et son titre, toujours aussi évocateur. Et puis il y a quelques semaines, quand il m’est soudain apparu que j’étais en train d’écrire un livre qui parle notamment de silence, ouvrir enfin ce livre est devenu un impératif. Alors je l’ai cherché partout, j’ai fouillé les rayons de nos bibliothèques pas encore rangées, et je m’y suis plongée. Avec le bonheur que j’avais imaginé, ce plaisir à venir que je chérissais depuis tout ce temps. Ce livre se promène partout où le silence se glisse, habité de plein de références littéraires intrigantes (et voilà, déjà deux nouveaux livres achetés : L’exil et le Royaume de Camus, et Le silence de Nathalie Sarraute, je continue mon petit chemin).

Le second appartient à Martin Il est donc dans notre bibliothèque commune depuis 6 ans. Je l’ai repéré il y a déjà deux ou trois ans en passant devant, il interpellait mon regard à chaque fois, d’autant plus depuis que l’on a croisé Olivier Bleys un soir à Bordeaux (quand c’est possible, j’aime rencontrer les auteurs et lire leurs livres ensuite car on lit différemment). Mais je ne l’avais jamais ouvert. Et puis l’autre jour, dans le couloir qui relie nos deux bureaux où est désormais installée notre bibliothèque, je suis repassée devant. Je ne sais pas pourquoi mais cette-fois ci je l’ai sorti de son rayon et j’ai commencé à lire les premiers paragraphes. Et j’ai découvert que Le plafond de verre était en parfaite résonance avec le roman que je suis en train d’écrire que je commence à terminer (et qui ne parle donc pas que de silence). Je le savais, mais j’avais oublié que je le savais. C’est un bel essai autobiographique sur le rapport complexe et parfois paradoxal que les pauvres entretiennent avec la richesse, sur la manière dont les plus aisés maintiennent subtilement (ou non) leur entre-soi. Et dès les premières pages, il y a quelque chose d’offensif qui est réjouissant.

Ces deux livres font partie de la bibliothèque depuis longtemps mais ils viennent seulement d’entrer dans ma vie. Parce que le moment de les lire est venu. J’aime cette idée qu’une bibliothèque ne soit pas qu’un amoncellement de livres lus : ce sont aussi des provisions pour le futur, de la nourriture pour les envies à venir. Comme avoir un frigo ou un placard bien rempli rassure certains, avoir une bibliothèque pleine de plus de livres que je ne pourrai sans doute jamais en lire, me réconforte.

Les voyageurs de l’espace

Il y a quelques temps, la revue Espace(s) m’a proposé d’écrire un texte de chanson qui serait mis en musique par l’ensemble jazz Les Voyageurs de l’espace. À partir d’un corpus documentaire, j’ai écrit un texte intitulé Discrètement, je m’éclipse. Il y est (bien sûr) question de disparition et de solitude.

Ces jours-ci, le disque des Voyageurs de l’espace paraît chez Buda Musique. Il contient notamment sept chansons dont les textes ont été écrits par des écrivains français (Eric Pessan, Olivier Bleys, Karin Serres, Mariette Navarro, Charles Pennequin, Sabine Macher et moi-même).

C’est une chouette aventure que de découvrir comment quelqu’un d’autre s’est emparé de son texte. Les processus de travail des musiciens à partir des textes est détaillé en images dans la revue Espace(s) numéro 13.

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