Travaux d’élèves autour de “La révolte des animaux moches”

Ça y est, la saison des salons et des rencontres s’est achevée. Et la pause estivale (ponctuée tout de même de trois événements : le 18 juillet à Saint-Nazaire, le 6 août à la Tremblade et le 10 à Concarneau, voir ici pour en savoir plus) offre l’occasion de trier les photos, en même temps qu’on prépare déjà les rencontres, salons et ateliers de l’année prochaine.

La révolte des animaux moches, mon roman jeunesse sorti en avril 2018, m’a permis de rencontrer ce printemps plein d’élèves de CM et de 6e qui l’ont lu en classe : dans la région d’Audruicq, dans le Pas-de-Calais, autour de Saujon, en Charentes, à Montigny-lès-Metz, à Angers, à Narbonne, dans la vallée de Kaysersberg, en Alsace (et notamment à Orbey, dans l’école où j’ai poussé !), et autour de Quimperlé en Bretagne. Le livre a d’ailleurs reçu le prix littéraire ado de la région d’Audruicq et le prix Dis-moi ton livre (CM2/6e) du pays de Quimperlé !

Des élèves un peu plus jeunes avaient travaillé autour de l’album Le jour où les ogres ont cessé de manger des enfants, et notamment une formidable classe de CE1 à l’école Henri Chiron d’Angers, qui m’a invitée dans son restaurant littéraire, m’a fait déguster de délicieux gâteaux aux légumes et a réalisé des courts-métrages d’animation où ils prodiguent des conseils nutritionnels aux ogres. Des collégiens ont, quant à eux, lu Ma fugue chez moi ou La folle rencontre de Flora et Max.

De nombreux enseignants ont imaginé des travaux, des créations plastiques, littéraires, théâtrales, cinématographiques… autour de ces livres, et c’est chaque fois un régal de découvrir de quelle manière les élèves s’emparent de mon texte pour faire leurs propres créations.

Sortie : Je peux te manger ?

Avec l’illustratrice Maëva Tur, nous avons concocté un album jeunesse intitulé Je peux te manger ?, sorti le 29 mai aux éditions La Plage. Il y est question d’animaux hippies dans une forêt, d’un loup poli mais néanmoins affamé, de brochettes de tofu, d’animaux qui parlent et d’autres qui ne parlent pas. Les protagonistes s’y posent beaucoup de questions pas si évidentes que ça, telles que : peut-on manger quelqu’un même s’il n’est pas d’accord ? Peut-on manger quelqu’un qui n’est pas capable de nous dire qu’il n’est pas d’accord ? Ou encore : peut-on manger ses copains ?

Pour les petits et les grands, à partir de 4/5 ans !

Voici ce qu’en dit par exemple le formidable blog La mare aux mots : “Dans cet album bourré d’humour, Coline Pierré parle bien entendu du végétarisme… mais aussi du consentement ! Et surtout, elle aborde ces deux thèmes forts avec énormément de finesse, sans gros sabots (les omnivores pourront d’ailleurs lire cet album et l’apprécier tout comme ils ont pu apprécier Jefferson ou le film Babe !). Ici donc on ne mange pas quelqu’un qui le refuse et le loup fini par comprendre… “

 

Sortie : Nos mains en l’air

Le 1er mai est paru mon nouveau roman pour adolescents aux éditions du Rouergue.
Il s’appelle Nos mains en l’air et en voici quelques mots, et la couverture !

Victor a 21 ans, il est né sensible et scrupuleux dans une famille boostée à la testostérone, ou l’on est braqueur de père en fils. Yazel, 12 ans, orpheline et atteinte de surdité, est surtout une fille impertinente et combative. Elle vit avec sa tante et son oncle grands bourgeois qui tentent de la façonner à leur image. À la faveur d’une rencontre amicale improbable, ils partent ensemble sur un coup de tête sur les routes d’Europe. C’est un livre dans lequel il est question de famille, celle qui nous manque et celle qui nous encombre, celle aussi que l’on s’invente pour survivre, et puis de langue et de langage (pour changer !), de comment on se parle, on se regarde et on se lit quand on ne s’entend pas, de la façon dont on réinvente le langage pour se raconter et se créer une langue commune et intime.

 

Ateliers à Dornes

En ce moment, j’anime des ateliers d’écriture, et de mise en voix et en musique à Dornes, dans la Nièvre. Organisés par le festival Tandem et financé par la Drac de Bourgogne Franche Comté, ces ateliers se déroulent sur un mois et demi, avec deux classes de cinquièmes et deux classes de troisièmes.

Les cinquièmes ont écrit des contes ultramodernes, où on croise un petit chaperon rouge qui rejoint les gilets jaunes, une sirène qui s’étouffe avec du plastique, un loup végétarien victime de harcèlement, ou encore des princesses qui s’inscrivent sur Meetic parce que les princes charmants passent leur temps à jouer aux jeux vidéos. Les troisièmes ont fait l’éloge paradoxal de la lâcheté, de la mysoginie, du narcissisme, de l’orgueil… avec force ironie et mauvaise foi. Désormais, on travaille à mettre tout ça en voix, en bruitages et en musique. Il y aura des chansons, du slam, du rap, des discours, des dialogues…

(photos prises par Laetitia Daget-Buchon)

Histoires à tous les étages

Je me rends compte que je n’ai pas encore parlé des ateliers d’écriture que j’ai menés au printemps dernier à l’école primaire Henri Bergson à Nantes, en duo avec la vidéaste et plasticienne Marie-Pierre Groud. Cette résidence a été initiée par Stereolux.

Six classes du CP au CM2 ont créé des histoires mettant en scène des habitants d’un l’immeuble fictif qu’ils ont collectivement imaginé. Chaque classe a choisi sa thématique et son médium et nous avons imaginé des propositions d’écriture et de mise en forme à partir de cela. Ils ont créé des films d’animation en stop-motion, en ombres chinoises, des histoires filmées, sonores, slamées, en roman-photo ou encore présentées dans un kamishibaï, Ces projets ont donné lieu à une restitution dans la grande salle de Stereolux au mois de juin 2018.

Un compte-rendu de cette résidence sur le blog de Stereolux.

Sortie : les nouvelles viles de Flora et Max

Le 7 novembre dernier, à L’école des Loisirs, est sorti Les nouvelles vies de Flora et Max, un roman pour adolescents co-écrit avec Martin Page (et la suite de La folle rencontre de Flora et Max).

Le premier tome, La folle rencontre de Flora et Max, est un échange épistolaire qui oscille entre joie et drame, entre deux lycéens de 16 et 17 ans : Max et Flora. Flora et Max.
Max souffre de phobie scolaire et de crises de panique, et vit reclus chez lui. Il entretient un rapport complexe au monde, teinté d’ironie et d’angoisse, mais aussi de beaucoup d’humour.
Flora purge une peine de 6 mois de prison pour avoir frappé et mis dans le coma la jeune fille qui la harcelait. Elle se confronte à sa colère et son sentiment d’injustice en même temps qu’elle découvre la violence du système carcéral.

Dans le second tome (qui vient de paraître), Les nouvelles vie de Flora et Max, chacun d’eux est désormais sorti de son enfermement et tente petit à petit de se reconstruire. Flora est étudiante en anthropologie, tandis que Max démarre un CAP cuisine. Ils ont trouvé refuge dans une maison de retraite atypique, et y ont établi leur quartier général. Seulement, cette maison de retraite est menacée par la mairie qui envisage de la raser pour y construire un centre commercial. Avec leur joyeuse équipe de retraités, Flora et Max vont tenter de lutter, à leur manière, étrange et tâtonnante, contre ce projet immobilier.

En parallèle de la parution du second tome, le premier tome sort dans une version poche. 

Les petites passerelles

Mi-septembre, j’ai passé trois jours merveilleux sur la péniche L’Ange Gabriel,  en compagnie des auteurs et autrices Loïc Froissart, Kitty Crowther et Marine Rivoal, et de la formidable et chaleureuse équipe d’hôtes-programmateurs-matelots : Marie-Hélène, Claire, David, Marino, dans le cadre du festival littéraire naviguant Les Petites Passerelles. La péniche est partie pour un mois de navigation sur la Meuse entre la Belgique et la France, de Namur à Saint Mihiel. Des auteur·trice·s et des illustrateur·trice·s jeunesse sont invités à y séjourner pour quelques jours et proposer des rencontres, des lectures, des ateliers, des conférences, lors des escales dans les villes et villages du parcours. Avec Loïc Froissart, nous avons donc joué nos lectures musicales L’oiseau Silence et Le jour où les ogres ont cessé de manger des enfants à Namur et à Dinant.

C’était un séjour hors du temps et du monde, j’y ai puisé des sensations et des impressions, et le souvenir de la brume fantomatique du petit matin qui glisse sur l’eau et que je me suis empressée de consigner dans un livre pour ne pas l’oublier.

Sortie : les artistes ont-ils vraiment besoin de manger ?

Ça y est, le voilà ! Les artistes ont-ils vraiment besoin de manger ?, Le livre collectif que Martin et moi avons édité dans notre maison de micro-édition, Monstrograph, est sorti. Vous pouvez le commander sur notre site, l’acheter à la librairie Récréalivres au Mans, ou demander à votre gentil·le libraire de nous le commander directement.

Je crois que ce livre est né de nos rêveries. Avec Martin, on a souvent pensé à créer un lieu pour y accueillir tous les artistes qu’on aime, une librairie-café-ciné-club-salle de concert-et d’exposition, ou un lieu de résidence, un centre de repos pour amis déprimés (et on en a quelques uns), un café de la forêt, un film documentaire sur la création. Et puis finalement, on s’est dit qu’on allait faire ce qu’on sait le mieux faire : un livre. Après tout, un bon livre, c’est aussi accueillant qu’une cabane, aussi protecteur qu’un Totoro.

On y a invité 29 artistes, écrivain·e·s, dessinateur·trice·s, peintres, traducteur·trice·s, cinéastes, créatrices de recettes, dramaturges, musicien·ne·s… et on leur a posé tout un tas de questions sur leur pratique artistique. C’est un sujet qui nous passionne, d’abord parce que c’est notre métier à nous aussi et qu’il nous interroge chaque jour, et parce qu’on ne cesse justement de s’ébahir du fait que soit notre métier, et qu’on se demander souvent comment font les autres artistes, auteurs, autrices. Aussi parce que le statut des artistes, et en particulier des auteurs, est sacrément menacé en ce moment. Avec ce livre très politique, nous voulions tenter d’esquisser ce que c’est que d’être un artiste aujourd’hui, donner à voir les conditions matérielles, financières et intellectuelles de la création, savoir à quoi ressemble la recette de la tambouille de chacun, où se mêlent souvent tout en même temps précarité, solitude, passion, famille, découragement, petits boulots, exaltation.

Ce livre, on l’a commencé il y a plus d’un an, ça a été un sacré travail, pas mal de fatigue, de soirées consacrées à sa mise en page et un gazillion de relectures jusqu’à ce qu’il nous sorte par les trous de nez, mais qu’est-ce qu’on en est fiers ! Et comme on est un peu fous, on a déjà envie de recommencer, d’interroger d’autres artistes sur d’autres sujets qui touchent à la création. Et on le fera c’est certain.

En attendant, Les artistes ont-ils vraiment besoin de manger ?  est là, imprimé à 300 exemplaires grâce aux contributeurs Ulule qui l’ont précommandé des mois avant sa sortie (et qui ont patiemment attendu – un immense merci à eux !), avec sa couverture turquoise flashy, ses jolis rabats, sa typo Calendas Plus qu’on adore avec ses jolies ligatures, son papier crème, sa collection toute neuve (Minute Papillon), ses 350 pages, denses, pleines de belles métaphores, de joies et de colères, de tristesse et de courage, d’enthousiasme et d’énergie, et sa magnifique liste de contributeurs : Thomas Vinau, Peggy Vialat, Maëva Tur, Antoine Tharreau, Mathieu Simonet , Ryoko Sekiguchi, Laurent Sagalovitsch, Cécile Roumiguière, Dominique Rocher, Melle Pigut, Coline Pierré, Eric Pessan, Eddy Pallaro, Martin Page, Justine Niogret , Marc Molk , Marie Laforêt , Julia Kerninon, Neil Jomunsi, Emmanuelle Houdart, Roland Glasser, Loïc Froissart , Quentin Faucompré , Amandine Dhée, Fanny Chiarello, Julie Bonnie, Sandrine Bonini , Francois Bon, Rodrigo Bernardo, Clémentine Beauvais, Audrey Alwett.

Et on espère que vous l’aimerez autant qu’on l’aime !

Deux éditeurs épuisés mais heureux

En 2015, Martin et moi avons décidé de créer notre maison de micro-édition, Monstrograph, pour y publier de drôles de petits livres illustrés qu’on faisait à la main, rapidement, très librement. Et puis petit à petit, on a eu envie d’ajouter à notre catalogue d’autres sortes de livres. On a créé la collection Bootleg dans laquelle nous avons publié deux essais : De la pluie et Éloge des fins heureuses. Et puis il y avait cette idée qui nous trottait dans la tête depuis longtemps : interroger d’autres artistes sur la création, l’écriture, leurs conditions de vie et de travail. Parce que c’est chaleureux et que ça donne de l’énergie d’entendre ou de lire les autres parler de leur création.

On s’est lancé dans ce projet il y a un an et demi et, au fil du temps, il a pris de plus en plus d’ampleur. Résultat : aujourd’hui ce sont 31 artistes de disciplines très diverses, des amis et des connaissances dont on aime le travail et la réflexion, qui répondent à notre questionnaire et racontent comme ils vivent, travaillent, créent, pensent, inventent. Le livre s’appelle Les artistes ont-ils vraiment besoin de manger ?  et il sera publié dans une nouvelle collection, créée pour l’occasion (et dans laquelle nous comptons publier d’autres livres) : Minute Papillon. Il vient de partir chez l’imprimeur après un long et laborieux travail d’édition, de mise en page et de multiples relectures. Mais on est heureux : dans quelques semaines (début octobre), ce petit trésor sera là, et on peut vous dire qu’il sera passionnant (on peut d’autant plus le dire que ce n’est pas nous qui l’avons écrit !).

Mais après l’avoir envoyé à l’imprimeur, un dimanche soir à minuit, on était un peu fatigués tout de même.

En attendant la sortie (début octobre), le livre est déjà en précommande sur notre tout nouveau site ! Il ne sera a priori en vente que sur notre site mais si des libraires souhaitent en proposer quelques exemplaires dans leur librairie ou organiser une présentation avec certains des auteurs du livre, n’hésitez pas à nous contacter !

 

Les ogres en dessin live et en musique

Samedi dernier, pour fêter son installation dans ses nouveaux locaux, la formidable librairie Récréalivres au Mans nous a invités, Loïc Froissart et moi, pour une journée de lecture et dédicace. Nous avons joué à la médiathèque Aragon du Mans, la lecture dessinée et musicale adaptée de l’album que nous avons publié ensemble au printemps dernier : Le jour où les ogres ont cessé de manger des enfants. C’était la toute première représentation de cette lecture.

On a aussi pu se pavaner devant la belle vitrine ogresque concoctée par les libraires (avec l’aide de Loïc et des éditions du Rouergue).

Nous jouerons également cette lecture :

Si vous souhaitez programmer ce spectacle dans votre festival littéraire / salon / librairie / médiathèque / établissement, n’hésitez pas à nous contacter !