Carte de Noël Marmotte-Panda

Une carte dessinée à l’encre de chine et à l’aquarelle, offerte à M. ce Noël. Ma première véritable aquarelle en couleur. J’avais pour idée de faire une carte pop-up, mais au vu de la difficulté déjà de dessiner et de faire celle-ci, j’ai un peu abandonné. Le pop-up s’est donc transformé en une carte aux personnages coulissants.

Tops 2011 la suite (séries, livres, musiques, spectacles)

Un peu en vrac, encore des tops.

Top 7 des séries vues, découvertes ou redécouvertes en 2011

1. 30 rock, saisons 1 à 3 (je n’ai pas encore vu les deux suivantes)
Une très grande découverte : drôle, tendre, malin, sensible, intelligent.

2. The office US, intégrale
Là aussi, une grande découverte, même si la dernière saison, sans Steve Carell, n’a plus autant de charme, si ce n’est sa nostalgie. Une série drôle et bizarre, tendrement bizarre. La version anglaise, vraiment très froide et dure, m’a moins convaincue.

3. Bored to death, saison
Une troisième et dernière saison extra (quand la deuxième était un peu plus molle) d’une série étrange, inventive et géniale, dont HBO a annoncé la fin.

4. Curb your enthusiasm, saison 8
Délocalisation à New-York pour une saison, drôle et affreuse, toujours.

5. Friends, intégrale (redécouverte)
Une grande redécouverte que j’avais un peu snobée parce que faisant partie de mon adolescence.

6. Mad men saison 4
Une série fascinante, qui continue à se construire lentement, mystérieuse, avec ou sans rebondissements.

7. In treatment, saison 3
Une série toujours passionnante, même si les personnages m’ont semblé moins attachants que dans les précédentes saisons.

Top 11 des livres lus en 2011 (de tête, j’en oublie sans doute)

1. Marion Milner – Une vie à soi
Une jeune femme (future psychanalyste) enquête, des années durant, sur elle-même afin de comprendre ce qu’elle veut vraiment, pourquoi malgré tous ses acquis, elle n’arrive pas à se sentir heureuse, pas à l’aise dans cette vie. Passionnant.

2. Virginia Woolf – Une chambre à soi
Un essai féministe et indispensable sur la difficulté pour les femmes qui le souhaitent, de parvenir à écrire et la présence rare des femmes dans l’histoire de la littérature.

3. Nancy Huston – Journal de la création
Encore un essai qui s’interroge sur la difficulté et les rapports entre féminité et création, convoquant plusieurs couples d’auteurs célèbres, en parallèle avec le journal de sa propre grossesse. Malgré quelques effluves de misandrie, c’est un livre  riche, intelligent, et très accessible.

4. Marie Nimier – La nouvelle pornographie
Voir ici

5. Bastien Vivès – Polina
Pas le chef d’œuvre qu’on en dit, il me semble, mais une bande dessinée élégante, fine et intelligemment minimaliste sur la trajectoire d’une danseuse.

6. Ted Hughes – Birthday Letters
Les lettres-poèmes de TH à Sylvia Plath, une trentaine d’années après la mort de celle-ci. Beau, tendre et sans doute l’un de ses livres le moins obscus et le plus accessible.

7. Posy Simmonds – Literary Life
Une bande dessinée pas (encore) sortie en France, sur le milieu littéraire anglais. Drôle et féroce.

8. Aude Picault – Fanfare
Pas aussi bouleversant que “Transat” à mon sens, mais le dessin et la finesse suffisent à en faire un beau livre.

9. Fernando Pessoa – Le livre de l’intranquillité
Des bribes de réflexion, d’une folle pertinence et d’une triste beauté à picorer.

10. Marilyn Monroe – Fragments
Des pensées, des injonctions, des lettres… un langage émouvant et très juste.

11. Sylvia Plath – Letters home
Certainement pas la plus grande de ses œuvres d’un point de vue littéraire, mais un drôle de portrait en creux de ses relations avec sa mère.

Top 5 des albums découverts en 2011, qui ont embelli mes journées (de travail)

1. Jaymay – Autumn fallin

2. Dead man’s bones – Dead man’s bones

3. She and him – Volume One & Volume Two

4. PJ Harvey – Let england shake

5. Silver Jews – American water

Top 5 des chansons écoutées en boucle en 2011

1. Regina Spektor – Hero

2. College – A real hero

3. The Do – Dust if off

4. Audrey Hepburn – Moon River

5. Kate Daisy Grant – One thing you should know about me

Top 2 des spectacles vus en 2011

Pour (au moins !) cinq spectacles vus en 2011, dont plusieurs assez nuls, je ne garde que deux excellents souvenirs :

1.Quartier Lointain au Lieu Unique (théâtre, Nantes)

2. Neil Hannon au Théâtre de la Ville (concert, Paris)

Tops ciné 2011

C’est janvier c’est donc la période des tops.

Top 17 des meilleurs films vus au ciné en 2011

Pas beaucoup de grands films cet année, ce qui fait que la plupart de ceux que j’ai aimés se retrouvent dans ce top.

1. Melancholia – de Lars Von Trier
Époustouflant et bouleversant, un grand film sur la dépression et la peur.


2. Breakfast at Tiffany’s – de Blake Edwards
Enfin vu ce film drôle, intelligent, beau, charmant. Et quelle scène finale !

3. Habemus papam – de Nanni Moretti
Encore un autre grand film, intelligent et sensible, sur la dépression !

3. La guerre est déclarée – de Valérie Donzelli
Superbe film très français dans ce qu’on y trouve de meilleur sur la lutte et la résistance au fatalisme.


5. Drive – de Nicolas Winding Refn
Un BO terrible, des scènes de poursuite en voiture floues, évanescentes et surtout silencieuses et Ryan Gosling.

6. Minuit à Paris – de Woody Allen
Un chouette Woody Allen sur l’illusion et d’autres choses encore.

7. Deep end – de Jerzy Skolimovski
L’amour et l’obsession d’un adolescent pour sa rousse collègue, au fond d’une piscine aux couleurs criardes.

8. Pina – de Win Wenders
Un beau documentaire sur les multiples vies du corps, le nôtre y compris.

9. Le sport favori de l’homme – de Howard Hawks
Drôle drôle drôle Howard Haws, sur un charlatan de la pêche.

10. Comment savoir – de James L Brooks
Sans doute le film le plus pur et le moins cynique du monde.

11. Super 8 – de JJ Abrams
Un bonbon avec des extraterrestres dedans !

12. Super – de James Gunn
Un film fou, hilarant une seconde, et gore l’instant d’après, avec Rainn Wilson et Ellen Page.

13. Bienvenue mister Chance – de Hal Hashby
Un chouette film, tendre, malin, drôle et sensible, sur la croyance et ce qu’on y met.

14. We want sex equality – de Nigel Cole
Avec cette grande réplique : “well I don’t beat you, I don’t drink, I don’t cheat on you, and I work hard for a living, why don’t you consider yourself more fortunate?”

15. Crazy stupid love – de John Requa, Glenn Ficarra
Steve Carrel + Ryan Gosling + un film hyper classique mais qui fonctionne parfaitement = une place dans le top.

16. Polisse – de Maïwenn
Une belle surprise malgré les maladresse, d’autant plus que Le bal des actrices m’avait gonflée gonflée.

17. The green hornet – Michl Gondry
Plutôt jubilatoire, un film de superhéros pour les filles.


Top 5 des films qui m’ont le plus gonflée en 2011

1. The tree of life – de Terrence Malick
A la fois mystique et hyper explicite, dégoulinant dans les deux cas, et une scène finale atroce (et pourtant j’aime Les Moissons du ciel de tout mon amour).

2. Restless – Gus Van Sant
Il y avait absolument tout pour faire un film superbe, mais tout sonne faux, carton-pâte (et pourtant j’aime plein de ses films).

3. 2001, l’odyssée de l’espace – de Stanley Kubrick
Oui, c’est mal (et pourtant j’ai adoré plein de ses films), mais j’ai ressenti la même chose que face à The tree of life.

4. Black swan – Darren Arronofsky
Une fois passé l’adolescence, il me devient difficile d’être encore éblouie par tous ces artifices.

5. Somewhere – Sofia Coppola
Un film sur rien, qui ne parle de rien, vide (et pourtant j’aime Lost in Translation de tout l’amour du monde).


Top 5 des films découverts cette année  en DVD (de tête, j’en oublie sans doute plein)

1. September – de Woody Allen
Sublime et terrible.

2. The shop around the corner – d’Ernest Lubitsch
Charmant, tendre, drôle.

3. Punch drunk love – de Paul Thomas Anderson
La plus belle scène d’amour jamais vue au cinéma.

4. Vous avez un message – de Nora Ephron
L’une des plus parfaites comédies romantiques.

5. Quand Harry rencontre Sally – de Rob Reiner
Oui, 2011 est mon année Meg Ryan.

Et pour terminer, je ne résiste pas à mettre ici un extrait de la plus belle scène d’amour au monde :

La prochaine fois, tops livres, musiques, séries et spectacles.

Précaires, précaires

Hier matin, coup de fil d’une agence de communication qui s’occupe de la régie pub d’un magazine quelconque. Proposition d’écrire une dizaine de publi-rédactionnels (urgents, bien sûr), pour un tarif ridicule, justifié par cette formule admirable : « on a des tarifs un peu bas, mais on compense en donnant régulièrement des quantités importantes de travail ». Quand je leur ai dit que leurs tarifs étaient au moins trois fois inférieurs au tarif moyen (entendre de base) de ce genre de travail, on m’a répondu « je sais », naturellement, sans même la manifestation d’un remord ou d’un doute.  Malheureusement, cela n’a rien d’un cas isolé. Au contraire : cela vous surprendra peut-être, madame l’agence de communication, mais vous êtes si nombreux, a bien vouloir, comme une faveur que vous nous faites, nous payer peu pour que l’on travaille beaucoup.

C’est honteux et c’est ce qui est entrain de se passer un peu partout, et (pour ce que je connais), chez les dessinateurs, illustrateurs, écrivains, rédacteurs, journalistes, graphistes… Tous ces indépendants qui vivent bon an mal an de leur production, personnelle ou de commande, jonglant souvent entre les deux, entre plusieurs métiers, et à qui l’on propose de plus en plus souvent de travailler gratuitement ou presque, pour son book, pour son CV, pour la visibilité. Des travaux qui n’ont pas besoin d’être (correctement) payés puisqu’ils sont intéressants / permettent d’avoir de l’expérience / de se faire un réseau / de se faire connaître… Oui mais l’expérience ne remplit pas mon frigo. Ceux qui, avec leurs petites mains, créent, conçoivent, recherchent, écrivent, dessinent, fabriquent, ceux qui fournissent le contenu et la matière première, ce sont eux que l’on a choisi comme variable d’ajustement, comme matière compressible. Oui, mais à trop compresser, on finit par assécher, les amis.

La nouvelle pornographie

Je viens de terminer La nouvelle pornographie, roman de Marie Nimier (publié il y a une dizaine d’années). Fluide est sans doute l’adjectif que je lui attribuerais en premier. C’est un livre beau, délicat, intelligent, et d’une fluidité superbe, qui semble écrit d’une traite, comme on déroule le fil d’une réflexion, dans une respiration, un souffle ; qui parle d’amour, de travail, de pornographie, d’amitié, de rencontres. Et puis quelques mots sur l’écriture que j’avais envie de reprendre ici :

“La médiocrité habituellement réservée à ce genre de littérature (sa médiocrité constituante, comme Gabriel aimait à le répéter) me libérait en outre du souci jusque-là omniprésent dans mes romans non pas du bien-pensant, mais du bien construit et du bien tourné, chaque mot ayant sa place dans la spirale du récit, chaque accessoire son utilité. Cette notion de destin, ou de chemin accompli entre le premier et le dernier mot d’un texte, se réduisait, dans le domaine la pornographie, à sa plus simple expression : à la fin sera la jouissance. Un but aussi précis et fugace appelait un traitement léger. Je n’avais pas besoin d’alibi grammatical, pas besoin d’habiller mes personnages de phrases décoratives, comme on fourre un morceau de beurre dans le cul d’un poulet industriel pour l’élever au rang du poulet fermier. Ça donne du moelleux la troisième personne, de la distance, on met de l’eau dans son encre, la chair est moins tassée, moins capitonnée.”